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©  J. Gremion

, Bérod Patrick

Sortie au lac de Thoune

Sortie au lac de Thoune, les oiseaux du delta de la Kander, de la roselière de Gwatt et du Bonstettenpark

L’attachement des Valaisannes et des Valaisans pour leur canton n’est plus à démontrer. Pourtant, le nombre de participantes et participants à cette sortie dans l’Oberland bernois semble contredire cette règle immuable: attachés à leur terre, mais curieux de découvrir ce qui existe au-delà de ses frontières.

Il faut dire que le Valais n’est pas le mieux placé pour l’observation des espèces lacustres ou des limicoles, hormis quelques haltes migratoires sur la route des cols alpins.

C’est donc plus d’une vingtaine d’ornithologues qui ont franchi le Lötschberg pour rejoindre Spiez, où Arnaud Barras, notre guide du jour, nous attendait afin de nous mener sur les rives du lac de Thoune.

La météo s’avère plus clémente qu’annoncée: les nuages sont présents, mais nous ne devrions pas essuyer de précipitations. Après un court trajet en bus jusqu’à larrêt de Chanderbrügg, la sortie commence.

 


 

Premières observations le long de la Kander

La Kander s’écoule sous le pont où nous installons nos longues-vues pour scruter les enrochements et îlots de galets. Seule la présence d’un chat roux sur les rochers moussus attire l’œil. Pas de boule de plumes à bavette blanche en vue; qu’à cela ne tienne, nous poursuivons vers la rive droite de la rivière jusqu’à son embouchure dans le lac.

Le chemin traverse un bois de feuillus presque dénudés. Quelques mouvements facilitent l’identification des oiseaux. Le parc du delta de la Kander à Gwatt s’ouvre sur une vaste étendue d’eau. Nous rêvons d'y apercevoir un plongeon, mais le courant léger et les vaguelettes compliquent l’observation lointaine.

Un vol rapide et direct longe les enrochements: cest le Cincle plongeur, absent lors de notre premier arrêt. Les Mouettes rieuses tournoient devant nous, criant leur rauque appel, tandis que quelques Goélands leucophées se tiennent plus loin. Les Grèbes huppés, désormais privés de leurs couleurs estivales, restent présents. Plus proches, les Grèbes castagneux plongent et refont surface à intervalles réguliers.

 


 

Entre bois et roselières

Nous reprenons le chemin vers la roselière, un peu plus à l’ouest. En lisière de forêt, un écureuil attire notre attention: suspendu aux branches souples dun frêne, il démontre une agilité remarquable pour se nourrir de graines ailées.

Dans le bois, les cris des passereaux animent les hauteurs: Grimpereaux des jardins, Tarins des aulnes, Sitelles torchepots, Roitelets huppés et presque toutes les espèces de mésange. Au sol, Merles noirs, Rougegorges familiers et Troglodytes mignons fouillent les feuilles mortes.

Le sentier longe ensuite la roselière de Gwattlischemoos. Foulques macroules, Gallinules poules-d’eau et Grèbes castagneux trouvent refuge dans ce secteur calme du canal. Nous passons devant une petite tour d’observation, trop exiguë pour accueillir tout le groupe.

 


 

Sur les rives du lac

Au bout du chemin, près du petit port, nous installons à nouveau nos longues-vues. Quelques Grands Cormorans se reposent sur des piliers émergeant du lac. Divers canards évoluent entre les bateaux et les roseaux: Fuligules morillons, Fuligules milouins en groupe, et un couple de Nettes rousses, rare sur le lac de Thoune.

Le mâle a fière allure avec sa tête semblant vêtue d’une permanente rousse et sous bec rouge vif. Il me fait penser au personnage de Tootsie… (et oui, je commence à me faire vieux).

Les Canards colverts, nombreux, exhibent leurs reflets métalliques et miroirs bleus bordés de blanc.

Un Grèbe à cou noir joue à cache-cache derrière les voiliers, plongeant et réapparaissant par intermittence. Plus loin, le vacarme des Corneilles noires signale la présence d’un jeune Autour des palombes, rapidement chassé par les corvidés.

 

Grèbe huppé ©Ludivine Dupertuis

Grèbe huppé ©Ludivine Dupertuis

 


 

Vers le Bonstettenpark

Nous quittons les rives pour rejoindre le Bonstettenpark, longeant le quartier de Seewinkel. En chemin, un vol de Pinsons du Nord est repéré. Dans un petit bois, plus d’une vingtaine de Grosbecs casse-noyaux s’activent à décortiquer des samares, leur langue aidant à débarrasser les graines de leur coque.

Un Pic épeichette est aperçu haut dans les arbres, signalé par Lois. Sa petite taille et son agilité mettent les jumelles à l’épreuve, mais il se montre à plusieurs reprises, évoluant aisément la tête en bas le long des branches.

 


 

Lumières et découvertes

Au parc, une jetée offre une belle vue sur un îlot de galets et une île boisée. Une femelle Harle bièvre, peu farouche, plonge à proximité, révélant son bec denté. L’expression «quand les poules auront des dents» prend soudain une saveur nouvelle.

Lors de la pause pique-nique, des Cygnes tuberculés s’approchent avec élégance.

Vieux nid de rousserolle, exceptionnellement sur une plante ligneuse en bordure de roselière.

 

Alain découvre un nid de Rousserole et nous explique qu'il est construit de manière à anticiper la pousse des roseaux: les jeunes se retrouvent plus haut lors de l’éclosion.

 

Alain nous parle de la construction du nid chez les rousserolles.

 

Sur un îlot de galets, une Bécassine des marais se fond dans le décor. Même avertis de sa présence, il est difficile de la distinguer au repos, son long bec dissimulé dans son plumage.

 

Cherchez la Bécassine des marais ©Ludivine Dupertuis

Saurez-vous trouver les Bécassine des Marais ? ©Ludivine Dupertuis

 

Couple de Cygnes tuberculés ©Laurent Debons

 

Arnaud nous signale la présence habituelle d’un couple de Canards pilets. Après quelques recherches, seule une femelle se montre. L’occasion est belle pour évoquer l’origine des noms: Spießente en allemand («canard javelot»), Anas acuta en latin («pointu, effilé»), pilet venant du pilum romain, et pintail en anglais («queue en épingle»).

 

Canard pilet femelle ©Ludivine Dupertuis

Canard pilet femelle ©Ludivine Dupertuis

 


 

Un éclair bleu pour conclure

 

Martin-pêcheur d'Europe ©Tania Fournier

 

La sortie se termine sur une observation splendide: un Martin-pêcheur dEurope, ou Eisvogeloiseau de glace» en allemand). Son dos bleuté, illuminé par les rayons du soleil, resplendit comme un éclat de glace dans nos jumelles.

De belles images en tête, le groupe rejoint l’arrêt de bus voisin pour regagner la gare de Spiez.

 

Sortie guidée par Arnaud Barras

Participant.e.s : Alain, Aléxia, Christian, Christiane, Cléa, Doriane, Elysa, Emmanuelle, Franca, Jacques, Laurent, Laurent, Loïs, Ludivine, Marieluce, Patrick, Sabine, Tania, Théo, Valérie