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©  J. Gremion

, Bérod Patrick

Sortie "Pluvier guignard"

Compte-rendu de la sortie "Pluvier guignard" à la Cretta de Vella

Il fait frais ce matin lorsque nous quittons les véhicules pour entamer la randonnée : 6,5 °C.
Notre guide du jour, Théotime, nous propose deux itinéraires pour atteindre notre objectif. Le groupe opte pour le plus court, mais aussi le plus raide. Le sentier s’élève rapidement dans une forêt d’altitude, où chacun tend l’oreille dans l’espoir d’apercevoir un Pic tridactyle. Seuls les cris des mésanges huppées et noires se font entendre par moments.

Sur le chemin de la Cretta de Vella, le chemin monte raide dans la forêt ©Patrick Bérod

Nous atteignons la limite supérieure de la forêt. Un vent frais souffle, et les nuages, parfois épais, masquent la vue. Sur le plateau de l’alpage de Champ Long, un Busard cendré juvénile attire notre attention : il plane avec grâce, tel un cerf-volant dansant entre vent et nuages. Les marcheurs s’attaquent ensuite à la montée directe des derniers 1400 mètres menant au sommet.

À la hauteur de l'alpage de Champ Long, la vue s'ouvre sur la crête ©Patrick Bérod

À mi-chemin, une pause bien méritée nous permet de reprendre des forces. Le vent soutenu et les nuages bas entretiennent une ambiance automnale. Puis, la crête sommitale est atteinte. Nous scrutons attentivement les herbes rases et les rochers, en nous espaçant pour maximiser nos chances de trouver l’oiseau du jour. Peu avant la croix, au bord d’une petite gouille, une silhouette se dessine : un Tournepierre à collier ! Tournepierre à collier ©Théotime RevazQuelle surprise à cette altitude ! Cet individu, loin de ses zones côtières habituelles, constitue le deuxième record suisse pour l’espèce (2 530 m), après une observation dans les Grisons en 2002, seulement 30 m plus haut. Enthousiasme général ! En contrebas, un renard nous aperçoit et détale.

Tournepierre à collier devant la croix de Vella ©Théotime Revaz

Nous longeons ensuite la crête sud-ouest, toujours espacés, espérant rencontrer l’habitant de la toundra. Les nuages bas courent sur la crête, brouillant parfois la vue. Certains en profitent pour observer des chamois et leurs cabris dans les pierriers noirs dominant la Combe de l’A. Peu après, la récompense : une silhouette inhabituelle se détache derrière un rocher. Pluvier guigard ©Patrick BérodJumelles braquées : un, deux, trois… puis quatre Pluviers guignards ! Ils se déplacent en groupe, s’arrêtant pour happer quelques insectes. Leur élégance captive le groupe jusqu’à ce qu’ils disparaissent derrière la crête.

Les émotions passées, la faim se fait sentir. Nous sortons les pique-niques. Le vent persiste, mais de belles éclaircies nous réchauffent. Théotime nous raconte alors les mœurs étonnantes du Pluvier guignard : chez lui, la femelle fait la cour, tandis que le mâle couve et élève les jeunes. Une fois la ponte terminée, la femelle repart vers ses quartiers d’hiver. De quoi alimenter les discussions entre deux bouchées !

Soudain, un bruit d’ailes nous surprend : onze Lagopèdes alpins passent à proximité avant de disparaître vers la Combe de l’A. Peu après, nous croisons un autre groupe d’ornithologues mené par Célestin. Alors que nous échangeons nos observations, un cerf élaphe surgit au loin et regagne son couvert.

Nous repartons à la recherche des Pluviers et les retrouvons, presque invisibles entre cailloux et maigre végétation, yeux mi-clos. Nous rampons pour nous approcher sans les déranger. Ornithophoto ©Patrick BérodLeur relative confiance nous offre des images inoubliables. Après un moment de repos, les quatre oiseaux reprennent leur quête d’insectes.Pluvier guignard ©Théotime Revaz

Nous revenons vers la croix, où nous retrouvons le groupe de Célestin… et le Tournepierre, toujours là, peu farouche, s’approchant à quelques mètres. La journée touche à sa fin. Les lumières du soir subliment les pentes dominant la Dranse d’Entremont : ciel bleu, nuages blancs, pâturages verdoyants et chalets d’alpage composent un tableau idyllique. Nous descendons par l’arête est, espérant croiser quelques rapaces. Après quelques minutes, le Busard cendré réapparaît, virevoltant dans le vent. Enfin, nous reprenons le chemin forestier pour rejoindre les véhicules, heureux de cette magnifique journée.

Mais ce n’est pas fini ! Théotime, Mattéo et Patrick proposent un détour pour tenter d’observer le Rollier d’Europe signalé près de Saint-Maurice par Julia et Célestin. Toute l’équipe accepte avec enthousiasme. Et la persévérance paie : après un premier éclair bleu aperçu par Sabine, nous observons deux individus. Rollier d'Europe ©Patrick BérodL’un se perche longuement sur un arbre mort, puis sur un piquet de clôture, scrutant les herbes avant de plonger pour chasser. Spectacle coloré pour clore la journée !

Les yeux pleins d’étoiles, nous regagnons Martigny, comblés par cette sortie riche en émotions et en découvertes.

Un grand merci à Théotime Revaz pour avoir guidé cette journée

Participants : Chantal, Matteo, Patrick, Sabine, Théotime, Valérie

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